William Shakespeare s’invite au Nouveau Théâtre d’Angers le 8 février 2014

Samedi 8 févrieTous droits réservés - NTAr 2014, le Nouveau Théâtre d’Angers accueillera Henry VI, œuvre trilogique de William Shakespeare écrite au seizième siècle , réinterprétée par la compagnie La Piccola Familia. Durant huit heures, le public rencontrera le roi d’Angleterre qui fut mis à mort dans la fameuse « Tower Bridge ». Cette œuvre sera ponctuée de trois entractes.

La saison précédente, La Mouette de Tchekhov, réinterprétée par Frédéric Bélier-Garcia, fit parler d’elle, autant pour son succès que pour sa durée, alors jugée trop longue. Elle ne durait que deux heures trente. Quelles seront donc les retombées d’Henry VI,  prévue pour le samedi 8 février, à 15h, au Nouveau Théâtre d’Angers ?

Dans Henry VI, William Shakespeare retrace le règne de ce célèbre roi. Le dernier Plantagenêt que l’on proclama Roi d’Angleterre alors qu’il n’était âgé que de neuf mois. Son règne dura cinquante ans. Il fut marqué par la Guerre de Cent ans, qui a duré 116 ans. Cette œuvre mêle l’Histoire et la fiction. Thomas Jolly, un très jeune metteur en scène de trente et un ans, a décidé de revisiter ce chef-d’œuvre Shakespearien de trois cycles. Seul le premier cycle sera présenté au Nouveau Théâtre d’Angers.

Les scientifiques estiment que l’être humain ne peut rester concentré plus de vingt minutes consécutives. De ce fait, Henry VI peut être vu comme un challenge. Outre les huit heures de spectacle, cette œuvre, que le Nouveau Théâtre d’Angers qualifie de « monumentale », n’inclut pas moins de cent-cinquante personnages incarnés par dix-huit comédiens. Le règne d’Henry VI est retracé par plus de dix mille vers. Le cycle un de cette œuvre shakespearienne sera présenté en deux parties de quatre heures, ponctuées par un entracte de trente minutes.

La tournée du premier cycle d’Henry VI a débutée en février 2013. Cette œuvre est définie dans le milieu théâtral comme «  inmontable » tant elle est difficile à mettre en scène. Malgré les huit heures de représentation, le public était au rendez-vous. Le nom de « Shakespeare » a attiré les spectateurs. Le metteur en scène Thomas Jolly a pu constater que le public était très varié : de tout âge, quels que soient leurs cultures générales, habitués ou non du théâtre,… Pour Thomas Jolly, « Shakespeare est très malin : son écriture est une mécanique d’éducation du public. Il fait entrer dans son histoire par le rire, et, peu à peu, pousse le public vers une forme plus exigeante, celle de la tragédie ». (entretien dans le Journal La Terrasse). Henry VI est une expérience unique pour le spectateur.

Mais c’est aussi une expérience unique pour le metteur en scène et les comédiens. Thomas Jolly renchérit en disant qu’Henry VI est « un challenge, une histoire qui n’arrive qu’une fois dans une vie, une expérience unique d’acteur. Nous sentons tous que nous traversons une aventure marquante, un travail jamais fait » (Extrait de L’Indépendant). Mais c’est aussi une sorte de marathon pour Thomas Jolly et La Piccola Familia. Un des dix-huit comédiens, Damien Avice le confirme : « C’est vraiment très long, ce qui oblige à se préparer, à avoir une hygiène de vie, il faut pratiquement être sportif et endurant. Avoir un physique en bonne forme permet de se concentrer sur le texte sans se soucier de savoir si on va tenir (…) ce n’est absolument pas fastidieux » (Extrait de L’Indépendant). Quant au comédien Thomas Germaine, qui interprète le roi Henri VI, concède que « cette pièce est un tel monstre que si on se projette sur les huit heures ça ne marche pas. Il faut être dans l’instant » (Extrait de L’Indépendant). Il qualifie cette expérience d’ « ascension collective ».

Le fait que cette œuvre dure huit heures ne serait finalement pas un obstacle pour les spectateurs. Au contraire. Les spectateurs forment alors une sorte de communauté que l’on peut qualifier d’éphémère. Ils sont réunis par Henry VI. Le spectateur n’est plus seulement là pour regarder une pièce de théâtre : il vit une véritable communion, un retour à ce que l’on appelle communément « l’être ensemble ». Les trois entractes, qui ont lieu après 1h45 de représentation, renforcent ce lien qui ne dure que le temps de cette pièce de théâtre. Durant ces entractes de trente minutes, le public est amené à échanger ensemble.

Le théâtre a cette particularité : le temps d’un spectacle, il rassemble un public. Il crée une homogénéité. Le metteur en scène d’Henry VI tient à cette particularité. Il souhaite que le théâtre se distingue dans le monde de la culture, qu’il aille contre l’individualité d’aujourd’hui. Selon Thomas Jolly, « le théâtre rassemble parce que la Culture est un bien commun. En ces temps douteux de division, le théâtre devient un endroit de résistance et une preuve rassurante d’intelligence et de discernement citoyen » (Dossier pédagogique du Nouveau Théâtre d’Angers sur Henry VI). Le théâtre est un véritable lieu d’éveil, de pensées, d’émotions, de rassemblement. Pour une durée de huit heures, Henry VI rassemble un public amené à partager un même lieu, un même sujet, ils sont amenés à regarder dans la même direction.

Les huit heures ne peuvent pas être un obstacle pour le public. Nous connaissons tous, au moins de nom, Shakespeare, qui nous amène à un retour au seizième siècle. Pour Thomas Jolly, « tous les publics sont saisis par cette épopée shakespearienne et la durée devient, par la représentation, un faux problème » (Dossier pédagogique du Nouveau Théâtre d’Angers sur Henry VI).

Au fil des représentations, l’œuvre théâtrale Henry VI rassemble toujours un grand nombre de spectateurs. Bien que le contexte actuel soit dominé (entre autres) par les mots « consommation », « plaisir immédiat », « individualité », le théâtre reste un bien culturel commun où le concept d’individualité est mis à mal. Pour preuve, ces quelques mots de Thomas Jolly : « partout où le spectacle a déjà été donné, les salles ne désemplissent pas au fil des entractes et l’enthousiasme est palpable dès le baisser du rideau » (Dossier pédagogique du Nouveau Théâtre d’Angers sur Henry VI).

Rendez-vous au Nouveau Théâtre d’Angers le samedi 8 février 2014 à 15h !

Tous droits réservés – NTA

Renseignements et réservations :

Nouveau Théâtre d’Angers

Cale de la Savatte

 49 100 ANGERS

02 41 22 20 20, du mardi au vendredi de 13h à 19h et le samedi de 15h à 18h

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