« Le Dialogue des carmélites » de Francis Poulenc

« Cet opéra est un des plus singuliers de l’histoire de cet art, sans histoire d’amour, sans héros, sans brio, histoire dont on connaît la fin avant qu’elle ne commence, récit d’une erreur de l’histoire, ou du moins d’une honte, où tout est écrit. » Mireille Delunsch, metteur en scène

La mise en musique par Poulenc du Dialogue des carmélites, tiré de la pièce de théâtre éponyme de Georges Bernanos, constitue une œuvre majeure du répertoire vocal de la deuxième moitié du XXème siècle. Créé en 1957 au Teatro alla Scala de Milan, cet opéra ne cesse de produire son effet dévastateur sur les consciences et de faire réfléchir sur notre comportement face à la peur et à la représentation d’un au-delà libérateur.

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L’action du Dialogue des carmélites se déroule entre les années 1789 et 1794, en France. Blanche de la Force, apeurée par les récents événements et par les menaces qui pèsent sur le monde extérieur, entre au Carmel où elle espère trouver la sérénité. Elle prend le nom de Blanche de l’Agonie du Christ et se lie d’amitié avec Constance, une jeune carmélite. Cette dernière a la certitude depuis leur première rencontre qu’elles mourront ensemble.

Le Carmel doit faire face à différentes épreuves au sein même de la communauté : la mère prieure, bien-aimée de ses filles, vit ses derniers jours et mourra quelques heures après avoir fait ses adieux à sa chère Blanche, dernière arrivée dans le Carmel, et qu’elle confie aux soins de Mère Marie. Une nouvelle prieure est alors élue et enjoint les religieuses de ne jamais se détourner de la prière et de rester unies quelles que soient les épreuves.

La Révolution fait rage et plusieurs officiers réussissent à pénétrer dans le Carmel ordonnant aux carmélites de quitter les lieux. La communauté fait vœu de martyre mais Blanche s’enfuit et se réfugie chez son père qui a été guillotiné. Les autres carmélites quittent le couvent en tenue civile.

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Quelques temps plus tard, Mère Marie rend visite à Blanche pour lui demander de la suivre dans un endroit plus sûr mais celle-ci, terrorisée, refuse de la suivre. Plus tard, elle apprend l’arrestation des sœurs du Carmel : la sentence tombe, elles seront guillotinées.

Le 17 juillet 1794, les douze religieuses marchent vers l’échafaud. Constance est la dernière à mourir. Elle est persuadée que Blanche ne va pas tarder à la rejoindre. Elle l’aperçoit dans la foule et lui sourie. Blanche monte à son tour à l’échafaud. Elles devaient mourir ensemble.

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Cette production est idéalement mise au service de la narration. La mise en scène de Mireille Delunsch, avant tout artiste lyrique ayant elle-même interprété le rôle de la seconde mère prieure, est dénuée de tout superflu et laisse toute la place à l’histoire et à l’évolution des personnages. La simplicité du jeu des chanteurs renforce la sincérité des sentiments exprimés et la force naturelle du texte. Cet opéra est avant tout un texte dont la musique de Poulenc retranscrit parfaitement la prosodie de Bernanos.

La soprano Anne-Catherine Gillet interprète le rôle de Blanche de la Force avec une immense dévotion. Cet abandon total dans la psychologie de son personnage laisse le public bouleversé et secoué par des aigus déchirants de beauté mais surtout par une incroyable justesse vocale tout au long du chemin parcouru par la jeune carmélite.

Le rôle de Constance est interprété par la soprano Sophie Junker dont la voix légère traduit la gaieté du personnage, non moins dénué cependant de profondeur et de force tragique.

Coproduction Angers Nantes Opéra et Opéra national de Bordeaux

Photos : Angers Nantes Opéra et Opéra National de Bordeaux

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