Les couleurs de Saint-Aubin

Ce week-end, pour les Journées Européennes du Patrimoine, mes pas m’ont guidé jusqu’à la Préfecture du Maine-et-Loire, au coeur de la ville d’Angers. Alors qu’il y avait foule au Musée des Beaux-Arts, moi c’est un autre trésor qui m’intriguait…

On rentre donc dans ce lieu administratif en ne sachant trop sur quoi on va tomber, peut-être un relief ou deux qui ont été placé dans des bureaux en guise de décoration. On nous guide à travers les couloirs, jusqu’à aboutir sur les restes du cloître de l’abbaye de Saint-Aubin. Si vous êtes angevin, ce nom vous ait familier de par la Tour Saint-Aubin, l’un des vestiges de ce lieu religieux. Le cloître se distingue par son aspect exceptionnel.

On s’en rend compte immédiatement quand on pose les yeux sur ces fresques du Moyen-Age quasi intactes, chose rarissime. Entre les chapiteaux sculptés avec finesse et les voussures ornementées, nous trouvons ces motifs. Parmi les quelques décors peints restants, nous trouvons une baie qui est consacrée à la représentation de la Nativité, en partant de l’Annonciation jusqu’à la visite des Rois Mages, en passant par le voyage en Egypte. On se rend compte de la finesse du travail, et du goût pour les couleurs vives. Il faut savoir que les lieux religieux, et les lieux de vie en général, était ainsi décorés au Moyen-Age, avec des fresques historiées pour les endroits les plus aisés (Cathédrale, église, château, etc.), ou des murs peints de motifs pour les lieux plus modestes (habitations de bourgeois). Ici, on peut imaginer que toutes les sculptures, ainsi que les baies et les murs étaient recouverts de peintures aux couleurs éclatantes, nous éloignant de cette vision d’un Moyen-Age obscure et morne.

S’il est rare de trouver des cas de polychromies médiévales (restes de peinture sur les murs et sculptures), il est encore plus insolite de trouver des fresques aussi bien conservées. Ce cloître montre le raffinement dont était capable les artistes angevins, mais indique également la richesse de la ville. Les vestiges de Saint-Aubin ne sont pas l’unique endroit où nous pouvons observer des traces de polychromie datant du Moyen-Age. La Cathédrale Saint-Maurice d’Angers recèle de ce trésor qui ravie archéologues, sociologues et historiens d’art. A présent caché des regards pour sa conservation, le portail de ce lieu religieux arbore des restes de couleurs aux teintes rouges et bleues que l’on peut entre-apercevoir dans l’embrasure de l’échafaudage érigé pour abrité le tympan des intempéries et du soleil. Bien que moins impressionnant que ceux du cloître, ces fragments colorés sont des reliques du passé, qui nous projettent dans une époque lointaine, et qui nous donne des indices sur la vie et l’art du Moyen-Age.

Lucie DEWILDE.

 

Crédit Images: Structurae

 

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